[projet sportif] Le Footoscope : la data-visualisation au service de l’analyse tactique

Il n’aura pas fallu longtemps pour que la statistique nouvelle génération achève de conquérir le foot continental, longtemps hermétique à ce chiffrage des performances – très anglo-saxon dans l’âme.

Si son influence croissante est largement compréhensible dans le domaine purement sportif (quelques exemples), elle laisse plus circonspect dans son traitement journalistique, et ce malgré de nombreuses vertus. La faute à un usage encore limité – pour ne pas dire pathétique – du "chiffre" comme gadget narratif par les commentateurs hexagonaux, alors même qu’il pourrait être utilisé pour permettre au spectateur amateur de mieux comprendre ce qu’il regarde. Notre précédente tribune sur le sujet (Passer aux stats supérieures) ne disait pas autre chose : une autre statistique est possible !

C’est précisément l’objectif du Footoscope que de donner les "clés du match" au grand public, pour reprendre l’expression consacrée, en lui offrant un outil d’analyse tactique à la fois pertinent et décalé. Le projet, actuellement en phase expérimentale, vise notamment à tirer partie des bases de données statistiques que les clubs vont peu à peu mettre à disponibilité du grand public, en suivant l’exemple pionnier de Manchester City.

Surtout, et c’est ce qui fait sa spécificité par rapport aux autres (excellentes) applications disponibles, le Footoscope s’appuie sur l’expertise "géographique" de ses auteurs, s’intéressant davantage à la géo-contextualisation des données qu’à leur valeur purement quantitative. Plus d’explications sur les enjeux et méthodes du projet à lire ci-dessous. N’hésitez pas à nous faire part de vos questions en commentaire ou par mail !

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[rapport de staff] L’Espagne, miroir du football de demain? (LeMonde.fr)

"This is the end…" Voilà, voilà : l’Euro est terminé. Pour autant, c’est maintenant que tout commence. Quel football pour demain ? Le match de l’Espagne, en finale, offre quelques éléments de réponse. Billet original à lire sur LeMonde.fr, qu’on ne remerciera jamais assez pour avoir accueilli ces cinq décryptages tactiques de l’Euro… 

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L’Euro vient de se conclure sur une impressionnante prestation ibère. La Roja réalise donc un triplé historique qui, à défaut d’avoir été clinquant, aura souligné certaines mutations émergentes du football moderne. Outre son football dit "sans attaquant", déjà largement discuté dans ces chroniques tactiques, l’Espagne aura été le miroir d’un football moderne né de l’hybridation croissante des profils. Pour l’illustrer, nous avons choisi trois joueurs clés (et un bonus) s’étant illustrés lors de cette finale et qui contribuent par leur talent à redéfinir les prérogatives de leurs postes respectifs.

Lire la chronique "L’Euro 2012, un œil dans le rétro ?"

JORDI ALBA : L’ANGE SANS AILES

Le but du latéral gauche, lors de cette finale (2-0, 41e minute), fut un excellent résumé de son travail au sein de l’équipe ibère. Plus qu’un simple joueur de couloir, le néo-catalan s’est imposé comme palliatif au déficit espagnol en matière de véritable ailiers. Forte de ses créateurs extraterrestres, la Roja s’est en effet construite dans l’axe, avec le succès qu’on lui connaît, mais aussi les limites : maîtrise du jeu dans l’horizontalité mais, paradoxalement, incapacité à l’élargir véritablement.

Dans cette perspective, les entrées de véritables ailiers (Pedro, Jesus Navas) firent souvent office de détonateur en fin de partie, accompagnés d’un Torres chargé de peser sur la profondeur. Le reste du temps, c’est-à-dire l’essentiel des matches, ce rôle incombait donc à l’une des plus grandes révélations de cet Euro 2012 : Jordi Alba, dont le match contre l’Italie témoigne parfaitement de la dualité de son rôle : pur latéral dans sa moitié de terrain, il se dévoile bien plus pénétrant dès lors qu’il s’engouffre, dans l’axe, au sein des trous adverses.

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[rapport de staff] Euro 2012 : le grand bluff tactique en finale? (LeMonde.fr)

La finale commence dans une petite heure… Petit exercice de prospective tactique. Le billet original est à lire ici. En vous souhaitant un bon match ! 

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Le dénouement tant attendu approche, et avec lui son lot de satisfactions. Cet Euro 2012 fut un bon cru, tant sur le plan du jeu que de la tactique, malheureusement occulté par la capacité de nos commentateurs à se focaliser sur les affres françaises. L’Espagne et l’Italie se retrouveront donc dimanche pour une finale 100 % latine, et 50 % attendue. Si les deux formations faisaient évidemment partie des favoris d’avant-tournoi (dans une moindre mesure pour l’Italie), cet apex dominical vient aussi et surtout récompenser les deux équipes tactiquement les plus innovantes de la compétition.

Jeu sans attaquant côté espagnol, défense à trois côté italien : leur première rencontre, en poules, avait d’ailleurs donné lieu à l’un des plus beaux matches de la compétition (aux côtés d’Italie-Croatie, Angleterre-Italie ou encore l’Allemagne-Italie d’hier soir, comme c’est étrange !). La donne sera certainement différente ce dimanche, et dépendra des possibles lapins que sortiront les entraîneurs de leurs chapeaux. Plus que jamais, la victoire reposera sur la capacité des équipes à répondre aux tactiques déployées par l’adversaire, de la composition d’avant-match aux remplacements effectués par les entraîneurs en cours de partie. En schématisant, tout dépendra plus précisément de trois facteurs majeurs :

  • comment bloquer l’attaque espagnole ?
  • qui pour occuper cette attaque espagnole ?
  • comment gêner les "créateurs" ?

Si les deux premiers points ont déjà été traités dans les précédentes chroniques, et ne seront donc ici que partiellement balayés, le troisième a démontré toute son importance lors de ces demi-finales, et sera certainement décisif dans cet épilogue.

Lire la chronique : "Football moderne, combien de divisions ?"

Lire la chronique : "Des trous de souris et des hommes"

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[rapport du staff] Football moderne : combien de divisions? (LeMonde.fr)

Troisièmes Chroniques tactiques, rédigées LeMonde.fr, et consacrées au bilan du premier tour avant l’entame des matchs éliminatoires. L’article original est à (re)lire ici

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Le premier tour enfin s’achève. Un début de compétition plutôt plaisant qui, à défaut de rebondissements majeurs, aura su doucement rebattre les hiérarchies établies. De même, sur le plan tactique : pas de grands bouleversements, mais quelques touches d’audaces et autres remises en question qui, une fois cumulées, offrent un panorama relativement fidèle des grandes orientations que prend le football moderne. Nous en avions déjà brossé quelques unes en préliminaires de la compétition, ce bilan de mi-terme viendra donc affiner ces réflexions avant les matchs couperets, et leur lot de (vraies) surprises.

L’Italie en 3-5-2 : vraie-fausse surprise, vrai-faux succès

Premier secteur concerné, la défense aura surtout été marquée par le retour au plus haut niveau d’un 3-5-2 aux allures vintage, porté par une Italie séduisante et décomplexée. Une formation "surprise" mais paradoxalement attendue, dont nous annoncions la probabilité avant la compétition. Avec deux matchs nuls (1-1), le bilan reste toutefois plus mitigé qu’espéré. Le système aura à la fois démontré son potentiel défensif contre l’Espagne, mais aussi ses limites offensives contre la Croatie.

Pour le troisième match, contre l’Irlande, Prandelli avait logiquement préféré revenir à un système plus classique en 4-1-3-2, le retour de Barzagli lui permettant de replacer l’héroïque De Rossi à son poste habituel. Ce qui n’aura pas empêché ce même De Rossi de redescendre très bas pour de jouer les soupapes de sécurité en défense, dans un rôle de "parachuté" qu’il avait déjà occupé avec la Roma de Luis Enrique.

Le libéro, libérateur des latéraux ?

On retrouve ici l’une des grandes tendances des défenses actuelles : la "réinvention" du libéro, notamment réhabilitée par Guardiola à travers son utilisation de Busquets (et, dans une moindre mesure, de Yaya Touré), ou encore le Brésil tant décrié de Dunga. Le concept est simple, mais requiert un milieu défensif particulièrement compétent. Car dans un système à quatre défenseurs, celui-ci se positionne en effet particulièrement bas, de manière à soutenir les deux axiaux lors des montées des latéraux. L’équipe prend alors des allures de 3-5-2 dans le cas italien, ou de 3-4-3 dans le modèle catalan, avec une forte projection vers l’avant des latéraux et/ou des ailiers. Contre l’Irlande, De Rossi aura ainsi pallié les très bonnes percussions de Balzaretti, particulièrement actif sur son flanc gauche.

Mais prenons le problème à l’envers. En miroir, le parachutage d’un milieu favorise la montée des latéraux, dès lors moins préoccupés par leurs obligations défensives. Or, c’est l’un des enjeux majeurs de cette Euro, tandis que nombre d’équipes souffrent d’un mal étrange, celui l’axialisation de leur jeu, et par corollaire l’incapacité à élargir l’équipe adverse.

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[rapport du staff] Equipe de France : des trous de souris et des hommes (LeMonde.fr)

Second épisode des Chroniques tactiques publiées sur LeMonde.fr. L’article original, initialement publié à la suite d’Ukraine-France, est à consulter ici

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La France vient de conclure son deuxième match sur une victoire prometteuse contre le pays-hôte. Le final du premier tour se jouera donc sans trop de pression contre une Suède piteusement éliminée : une première depuis longtemps en compétition internationale… Comment l’expliquer ? A-t-on enfin trouvé le système de jeu idéal contre l’Ukraine, ou doit-on simplement remercier la cohésion d’un groupe-équipe à la mentalité offensive enfin en réussite ?

C’est ce que doit déterminer le bilan des deux premiers matchs, sur lesquels s’appuiera Laurent Blanc pour la suite de la compétition (si suite il y a, on n’est jamais à l’abri d’un faux-pas…) L’heure est donc au décryptage de ces deux premiers matchs que tout semble opposer : contre l’Angleterre, un nul dominateur mais sans saveur ; contre l’Ukraine, une victoire un peu trop facile pour être source d’enseignements… Qu’en déduire ?

DU 4-3-3 AU 4-2-3-1 : L’ÉVOLUTION SANS RÉVOLUTION

Premier changement remarqué entre les deux matches : le passage du classique 4-3-3 au néo-classique 4-2-3-1, système-étalon des années 2010. Rien de vraiment étonnant, les deux systèmes étant particulièrement proches et, de facto, le basculement de l’un à l’autre relativement prévisible. Contre l’Ukraine, Ménez a donc occupé le flanc droit de Nasri, déportant ce dernier au coeur du milieu de terrain, en lieu et place de Malouda. Un repositionnement judicieux, si l’on en juge au seul résultat contre l’Ukraine, et plus précisément à l’ouverture du score par Ménez faisant suite à de (très) nombreuses actions dangereuses, malheureusement gâchées par leur auteur.

Si la différence entre un triste nul et une victoire sereine mérite d’être analysée, peu de choses distinguent finalement les deux matches, et cela s’est finalement joué sur quelques détails, et un certain bon sens enfin respecté. C’est logiquement sur ces quelques éléments que Laurent Blanc pourra s’appuyer avant son match contre la Suède.

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[rapport du staff] L’Euro 2012, un œil dans le rétro (LeMonde.fr)

Premier épisode des Chroniques tactiques que Football totalitaire animera, durant l’Euro 2012, dans les pages sport de LeMonde.fr. Article original initialement publié la veille du match d’ouverture, et que vous pouvez consulter ici. La version ci-dessous, si elle n’a pas été modifiée, est agrémentée de quelques liens qui n’avaient pas leur place sur LeMonde…

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Tous les deux ans, Euros et Coupes du monde se relaient pour donner à voir les grandes tendances en cours du football moderne, en termes de styles de jeu comme de schémas tactiques. Qu’est-on en droit d’attendre de cet Euro 2012, qui sera le reflet des récentes évolutions du haut niveau européen ?

Que les plus enthousiastes rafraîchissent leurs ardeurs : l’Euro 2012 ne devrait pas réserver de grandes surprises tactiques. Est-ce parce que le football européen n’a jamais été aussi homogène ? Avec l’élargissement des frontières en Ligue des champions et Ligue Europa, supporteurs et entraîneurs finissent par (presque) tout connaître du football continental, jusqu’aux systèmes de jeu les plus exotiques.

LE 4-2-3-1, SYSTÈME ÉTALON

Les équipes s’observent, se jaugent et logiquement se copient. Ce qui explique pourquoi les principales innovations de la dernière Coupe du monde avaient toutes été portées par des équipes non européennes. A l’Euro, les dispositifs s’aligneront inévitablement sur quelques schémas éprouvés.

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[causerie] Busquets milieu offensif, le guardiolisme zombifié ?

Ce soir, à Vincente Calderon, se clôturera le dernier acte du guardiolisme. Le coach catalan tirera sa révérence sur une Finale de Coupe du Roi, contre le Bilbao de Marcelo Bielsa. Au-delà de la dramaturgie proposée par ces deux acteurs dont connaît les influences mutuelles, c’est un peu du guardiolisme qui ce soir mourra sur scène, après avoir été trouvé ses limites dans les excès  jusque-boutistes de son géniteur.

Le football sans attaquant, oui, mais surtout l’attaque de l’homme du milieu : voilà qui définit parfaitement l’amour que porte Guardiola à ses héritiers, dont la polyvalence est un atout particulièrement précieux dans le football moderne. Et dans l’effectif de Barcelone, c’est probablement Sergio Busquets qui aura le mieux synthétisé cette hybridation des postes, véritable joueur à-tout-faire de l’entre-jeu, et surtout soupape de sécurité lorsqu’il est parachuté dans la défense à trois concocté par Pep. C’est d’ailleurs avec ce "Busquets role" qu’il aura réussi à être enfin reconnu à sa juste valeur, lui qui restait dans l’ombre de ses partenaires Xavi et Iniesta (à lire : "Why Busquets is an unsung hero ?" parties une, deux et trois)

Dieu qu’il est moche, cet échalas.

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