Ah, qui pourrait se passer d’un bon marronnier journalistique…? Comme toujours à l’approche d’une élection nationale, ressort des tiroirs cet éternel débat de fond : le football est-il de gauche ou de droite ? Et plus exactement : quelle programme politique, pour quel football ? (hier dans SoFoot : La gauche à l’assaut du sport).
Avantage de ce type d’articles, les arguments prêts-à-l’emploi ne demandent qu’à être actualisés en fonction de la recomposition du paysage politique. On en a un très bon exemple avec les questions posées par l’intégration du Parti Communiste, de tradition plutôt foot-ophile, au sein d’un Front de Gauche plus foot-ophobe (toujours dans SoFoot, ou sur Rue89 : Entre sport et communisme, la guerre n’aura pas lieu).
Loin de moi l’idée de critiquer ces articles, souvent pertinents, mais force est de constater que leur récurrence temporelle (pour ne pas dire, leur redondance) peine à cacher la vacuité de la question initiale. D’abord, parce qu’il ne s’agit finalement que d’appliquer au champ politique l’éternelle opposition du romantisme au pragmatisme, et inversement. Ce que SoFoot traduit très bien en titrant sa couverture sur le fantasque Socrates : « Larme à gauche » et résumée par Valdano dans une affirmation aussi abrupte que le football qu’elle dénonce :
« Le football créatif est de gauche tandis que le football de force pure, tricheur et brutal, est de droite » (cité par Ozibao)
En finir avec les logiques binaires
Rien que de très banal, donc, et une qui ne mériterait probablement pas tant de gratte-papier. Fort heureusement, d’autres préfèrent traiter le sujet avec humour, quitte à forcer le trait sur la caricature (Qu’est-ce que le football de gauche sur La pause-cigare).
Mais le véritable problème vient, comme souvent avec le complexe politico-médiatique, de la manière dont est posée la question, et du manichéisme qu’elle introduit de facto dans le débat. Celui-ci mériterait pourtant davantage de subtilité pour dépasser ce résumé binaire. N’est-il pas dommage de réduire le football à une division si simpliste ? Ne pourrait-il pas sortir autre chose de ces considérations finalement assez vaines ?
La réponse tient en quelques mots :
« football à trois côtés », ou « football triolectique »




